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Travailler hors ligne sur chantier : ce qui doit continuer à fonctionner sans réseau

En bref

Vous descendez à la cave pour vérifier les canalisations, ou vous marchez au fond du hangar où sont stockées les plaques de toiture, et le trait en haut de votre écran passe de quatre barres à une, puis à rien. L’écran qui vous servait encore à repérer où doit venir un passage reste bloqué sur une icône de chargement. Vous attendez, tapez encore une fois sur l’écran comme si cela pouvait aider, puis finissez par ranger l’appareil.

Ce moment revient plusieurs fois par jour sur la plupart des chantiers, et il est rarement dramatique. Vous connaissez déjà l’endroit, vous savez que la connexion y flanche toujours, et la plupart du temps vous vous débrouillez avec ce que vous aviez en tête. Mais parfois elle disparaît juste au moment où vous avez besoin d’une cote que vous ne connaissez pas par cœur, et un petit désagrément devient soudain un vrai retard.

Obtenir du réseau partout sur un chantier est un combat que vous ne gagnerez pas. Ce que vous maîtrisez, c’est ce qui continue de fonctionner quand la connexion tombe, et ce qui peut attendre son retour.

Là où le réseau disparaît

Une cave ou un parking souterrain est le cas classique : du béton autour et au-dessus de votre tête, et le signal n’arrive simplement pas à passer. Une gaine technique n’est pas en reste. Dans un hangar avec une toiture métallique et une structure en acier, le même principe joue à une autre échelle : le bâtiment lui-même bloque le signal. L’isolation de façade avec un film réfléchissant produit un effet comparable, cette couche agit parfois comme une cage autour de l’espace concerné. Sur un lotissement ou dans une zone industrielle en plein chantier, la couverture correcte fait souvent défaut. Et le wifi de la baraque de chantier ne porte au mieux qu’à mi-chemin du chantier, au-delà vous retombez sur ce que donne le réseau mobile, ou sur rien du tout.

Plus traître que l’absence totale de réseau, c’est une barre qui s’affiche mais par laquelle rien ne passe. Votre appareil se croit connecté, tente de charger et reste bloqué, pendant que vous attendez quelque chose qui n’arrivera jamais. Mieux vaut qu’un appareil retombe immédiatement sur sa copie locale, plutôt que de continuer à essayer indéfiniment.

Ce qui doit continuer à fonctionner, quoi qu’il arrive

Sans connexion, vous devez au minimum pouvoir ouvrir le modèle 3D et y naviguer, afficher et masquer des calques pour voir ce qui se trouve sous une finition, toucher un élément et voir ce qu’il est exactement, consulter une cote, regarder le plan correspondant, et enregistrer une remarque ou une photo à transmettre plus tard. C’est le socle, et il doit tenir quelle que soit la situation du réseau.

Cela dépend toutefois d’une condition. Tout cela ne fonctionne que si le modèle 3D se trouve déjà sur votre appareil avant que vous n’alliez sur le chantier. Un appareil qui n’irait chercher le modèle 3D qu’une fois sur place est, au moment où vous en avez besoin, aussi inutile que l’absence d’appareil. Avec Field-Viewer, consulter, mesurer et noter une remarque fonctionne sans connexion, et dès que le wifi ou le réseau mobile revient, tout se synchronise automatiquement. Ce qui se passe ensuite sur un tel écran est décrit sur la page consacrée à la visionneuse elle-même.

Ce qui peut attendre sans problème

Tout ne doit pas se faire dans l’instant. La distinction qui compte ici est simple : consulter doit se faire maintenant, échanger peut attendre. L’enregistrement des mesures et remarques peut attendre que vous retrouviez du réseau. La récupération d’une nouvelle version peut attendre. Donner accès à un projet à quelqu’un peut attendre. Et un projet que vous n’avez encore jamais ouvert, vous n’allez pas le télécharger pour la première fois sans réseau.

Ce que vous ne pouvez pas attendre du travail hors ligne, c’est de voir apparaître sur le chantier la modification que le bureau d’études a apportée une heure plus tôt. Cette modification attend qu’une connexion revienne, et tant qu’elle n’est pas là, vous travaillez avec ce qui se trouvait déjà sur votre appareil.

Savoir quelle version vous avez entre les mains

Sans connexion, vous regardez par définition une copie, jamais l’original. Cela n’est pas un problème en soi, tant que vous savez de quelle copie il s’agit. L’écran doit donc indiquer quelle version il affiche et quand elle a été récupérée pour la dernière fois, car une copie ancienne ressemble à première vue à une copie fraîche.

L’habitude qui va avec cela n’a rien de compliqué : synchronisez avant de partir, avec le wifi du bureau ou de l’atelier, et non en route dans la voiture avec le réseau mobile du moment. Et si un doute survient sur le chantier à propos d’un détail important, mieux vaut passer un coup de fil, même si l’écran semble convaincant. Un écran convaincant n’est pas une garantie que c’est exact, c’est seulement une garantie que c’est chargé.

Les accords qui vont de pair

La technique ne résout ici que la moitié du problème, l’autre moitié tient dans des accords entre le bureau d’études et l’équipe. Quelqu’un doit veiller à ce que le bon projet se trouve sur l’appareil avant que l’équipe ne parte, pas seulement en chemin. Le bureau d’études doit savoir quand il publie, pour qu’une synchronisation matinale apporte quelque chose. Pour une modification urgente en cours de journée, un coup de fil reste nécessaire : une équipe hors ligne ne reçoit cette modification qu’une fois l’appareil reconnecté, et le bureau d’études ne sait pas automatiquement si c’est déjà arrivé. Quelqu’un doit aussi vérifier après coup si une synchronisation a réussi, afin que des mesures et des remarques ne restent pas une semaine sur un appareil sans que personne ne les voie.

Il y a aussi l’appareil qui n’a plus synchronisé depuis un moment, celui d’un collègue en congé ou une tablette restée dans une armoire. Emmener cet appareil sans le synchroniser d’abord, c’est envoyer quelqu’un sur le chantier avec un projet dépassé depuis longtemps. La façon dont ces tâches se répartissent, un jour ordinaire, entre le bureau d’études et le chantier, est décrite dans une journée sur chantier avec le modèle 3D.

Ce que le travail hors ligne ne résout pas

Le travail hors ligne ne rend pas un modèle 3D dépassé à jour. Il permet seulement de continuer sans réseau avec ce que vous avez déjà, et c’est pour cela que la synchronisation avant le départ et la version visible en font partie. Ce qui ne figurait pas dans le modèle 3D au moment de votre départ n’y figure pas davantage hors ligne, aussi fluide que l’appareil continue de fonctionner par ailleurs.

Le réseau sur un chantier est une donnée avec laquelle on apprend à vivre, pas une panne que l’on résout avec un appareil de plus dans la baraque. Ce que vous réglez vous-même, c’est ce qui part le matin : le bon projet sur l’appareil, avec la version visible à côté. Le reste de la journée en dépend.

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