Base de connaissances · Chantier
Quelle tablette pour les plans sur chantier : ce à quoi faire attention
En bref
- Un appareil choisi dans l’urgence, selon le prix ou les caractéristiques du catalogue, se révèle parfois illisible dehors ou sensible à l’humidité.
- Vérifiez la lisibilité en plein soleil, l’usage avec des gants mouillés, et la protection contre la poussière, l’eau et le froid.
- Achetez d’abord un seul appareil et laissez l’équipe le tester sur place avant de décider pour le reste.
Quelqu’un doit choisir un appareil pour l’équipe, et la question arrive souvent au pire moment : un appareil vient de se briser en tombant, ou un nouveau rejoint l’équipe sans appareil. L’acheteur cherche sur un site marchand, voit dix tablettes avec des spécifications qui en disent peu sur une toiture ou un hangar, et choisit selon le prix ou ce qui est en rayon cette semaine-là.
Cela se passe parfois bien, et parfois, en un an, on se retrouve avec un écran illisible dehors, ou un appareil humide à l’intérieur dès la première averse. Le problème vient alors rarement de la marque, mais de ce qui n’a jamais été testé avant l’achat.
Voici les points à vérifier pour un appareil destiné à afficher des plans sur un chantier. Sans marques ni noms de modèles, mais avec les caractéristiques qui déterminent si un appareil tient la distance ou finit dans un tiroir en six mois.
Lisibilité en pleine lumière
Un écran qui paraît net dans un bureau peut devenir illisible dehors. La pleine lumière sur un pan de toiture ouvert, ou le contre-jour quand le soleil est bas, diffère fort d’un bureau à la lumière artificielle. Un écran brillant reflète le ciel, si bien que vous voyez surtout vous-même et les nuages au lieu du plan. Un revêtement mat ou un traitement antireflet y remédie, et le contraste compte plus que la pureté des couleurs : une ligne doit se détacher nettement du fond.
Soyez également attentif à la luminosité automatique : réglée par un capteur qui se trompe parfois ou réagit lentement en passant d’un hangar ombragé vers l’extérieur, l’écran devient alors trop sombre ou trop vif au pire moment. Une luminosité élevée épuise en outre la batterie. Testez donc l’appareil dehors, par une journée claire, avant d’en commander dix, plutôt que dans une salle d’exposition à la lumière artificielle.
Utilisation avec des gants et des doigts mouillés
La plupart des écrans réagissent à la peau, pas au cuir, au tissu ni à un gros gant de travail. Celui qui veut faire défiler ou zoomer avec des gants tape souvent dans le vide. Certains appareils ont un réglage qui rend l’écran plus sensible, au prix de fausses touches dues à la pluie, qui déplacent le plan tout seul. Un stylet compatible avec un gant résout cela en partie, mais mieux vaut l’essayer soi-même que croire la boîte. Essuyer un écran mouillé sur votre pantalon n’aide pas toujours, surtout si le tissu est lui-même humide.
Une partie de cette utilisation tient d’ailleurs non à l’appareil mais au logiciel installé dessus. La taille des boutons et l’espace autour d’une zone tactile pèsent plus que la sensibilité tactile indiquée sur la boîte. Ce que cela signifie concrètement figure sur la page consacrée à la visionneuse.
Poussière, eau et une chute
Les appareils extérieurs portent souvent un indice IP, deux chiffres indiquant la protection du boîtier : le premier pour la poussière et les particules solides, le second pour l’eau. Ce que cet indice couvre varie d’un fabricant à l’autre, donc renseignez-vous concrètement plutôt que de vous fier à l’étiquette. « Résistant aux éclaboussures » est autre chose que résister à une immersion, et les tests de chute cités par un fabricant ne disent rien d’une chute sur du gravier ou du béton.
Il existe une réelle différence entre un appareil vendu comme renforcé et un appareil ordinaire sous housse robuste : le second est moins cher et plus facile à remplacer, le premier a plus souvent un bord renforcé ou un port de charge scellé. Les points faibles se trouvent toujours aux mêmes endroits, le port de charge et les coins avant en tête. Un film de protection aide contre les rayures de sciure et de poussière de pierre, et cela vaut aussi à l’intérieur : un hangar plein de sciure est aussi exigeant pour un écran qu’une averse sur une toiture. C’est aussi ce qu’un appareil doit encaisser sur le chantier, rarement un moment difficile isolé mais une accumulation de petits.
Batterie et charge
Un appareil qui tient une journée complète doit le faire à une luminosité lisible dehors, pas seulement en intérieur tamisé. Le froid de l’hiver réduit cette autonomie : ce qui suffit largement en été devient plus juste par une matinée glaciale. Certains appareils ont une batterie amovible, ce qui permet à une équipe d’en glisser une pleine à la place, mais ce n’est pas la norme.
Qui n’a pas de batterie amovible organise la charge autrement : un chargeur de voiture ou une batterie externe dans la camionnette, pour que l’appareil se recharge entre deux chantiers. Tout aussi important : qui recharge l’appareil le soir, et où se trouve ce chargeur pour qu’il ne se perde pas parmi le matériel. Un appareil vide à huit heures vaut, pour l’équipe, autant que pas d’appareil du tout.
Taille d’écran face à la portabilité
Lire un plan est plus facile sur un grand écran, monter à une échelle est plus facile avec un petit appareil à la ceinture. Ces deux envies s’opposent, et le choix dépend de l’endroit où l’appareil est utilisé. Un écran fixe à un poste de travail, sur support ou fixation magnétique, peut sans problème être grand : personne ne doit le porter. Un appareil qui monte à l’échafaudage doit rester assez petit et léger pour tenir d’une main, l’autre tenant une rambarde.
Le poids compte housse de protection comprise, qui ajoute souvent un poids non négligeable. Une housse à dragonne ou bandoulière rend portable un appareil plus grand. Une autre approche est un grand écran pour l’équipe au poste de travail, et des appareils plus petits par personne pour les déplacements.
Travail hors ligne et gestion
Sur un chantier, la couverture réseau n’est jamais garantie : vérifiez que ce dont l’équipe a besoin fonctionne aussi hors ligne, et que le modèle 3D est déjà sur l’appareil avant le départ. Télécharger sur place ne fonctionne pas sans signal. Les modèles 3D volumineux demandent aussi assez d’espace de stockage, ce qui est vite négligé sur un appareil d’entrée de gamme.
Pour la connexion, choisissez entre le wifi, une carte SIM intégrée ou le partage de connexion via un téléphone : le wifi convient à un poste de travail fixe, une carte SIM à un appareil qui doit fonctionner partout sans dépendre de qui se trouve autour. Pensez aussi à la gestion à long terme : qui s’occupe des mises à jour et du verrouillage d’écran, ce qui se passe si quelqu’un quitte l’entreprise ou qu’un appareil se perd, et si un appareil est attribué à une personne ou à l’équipe. Field-Viewer fonctionne sur l’appareil que vous choisissez, comme pour le reste du matériel de chantier : le logiciel n’impose rien sur la marque, seulement sur ce que l’appareil peut encaisser.
Achetez-en d’abord un seul, laissez l’équipe vraiment s’en servir deux semaines à l’endroit voulu, et décidez ensuite pour le reste. Ce qui a bonne allure dans un tableau comparatif se confirme ou se dément dès la première averse et la première matinée froide.